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Bienvenue sur le site de l'Association Malienne des Anciens Fonctionnaires Internationaux des Nations Unies (AMAFINU)

      

 

Mercredi, 12 Janvier 2011 11:15

Professeur Mamadou Koumaré

La médecine traditionnelle au Mali

En Afrique, avant l’arrivée de la médecine occidentale avec l’ère coloniale, les populations n’avaient d’autres recours que la seule médecine traditionnelle pour satisfaire leurs besoins de santé.

Le colonisateur, tout en combattant nos pratiques traditionnelles de soins, recueillait malicieusement les meilleures, grâce aux devoirs de vacances rédigés par l’élite africaine de l’époque; surtout ceux des élèves de l’école de médecine William Ponti. Parmi ces devoirs, figuraient en très bonne place ceux de nos compatriotes Bakary Coulibaly et Safounè Traoré ; pour ne parler que de ceux qui étaient cités en exemple.

Notre art ancestral de guérir a si bien résisté à la colonisation, qu’aujourd’hui encore au Mali, plus de 80% de la population y a recours (pour ne pas dire 100% si l’ont tient compte du fait que bébé, on n’y a pas échappé).

Aussi, devant cette réalité et devant le retentissement des succès de certains tradithérapeutes, feu Dr Sominé Dolo, en rentrant au pays en 1957 après son doctorat en médecine, n’avait d’autres ambitions que de s’adonner à l’étude des pratiques de ces derniers.

Mais il devint Ministre de la santé avant d’avoir réalisé ses rêves. Néanmoins, ayant saisi la nécessité urgente de l’exploitation rationnelle de nos moyens traditionnels de guérir, il en favorisera les conditions.

Bien avant lui, feu Dominique Traoré avait déjà commencé, surtout à partir de 1920, à recueillir les recettes des tradithérapeutes alors qu’il était encore instituteur.

Si ce dernier avait fait un énorme travail pour inventorier les plantes médicinales, les pharmaciens vietnamiens Mmes Chân-Hai et Phouc ont, à partir de 1963, ouvert la voie aux essais préliminaires de phytochimie.

La dernière, Mme Phouc, avait comme collaborateur feu Abdoul Dafé ; devenu avant sa disparition notre correspondant-informateur de la région de Kayes, basé à Kita.

En 1968 en prenant la relève, l’organisation en vue d’une étude systématique au laboratoire et l’exploitation rationnelle des plantes médicinales et autres pratiques médicales, nous incombaient. En effet, après plusieurs années de recherche sur les plantes médicinales au Mali (ex Soudan français) et en France, et après la tenue à Dakar du premier symposium interafricain sur les pharmacopées traditionnelles et les plantes médicinales africaines (mars 1968) où nous avons représenté notre pays, commença la mise en place de notre institution.

C’est ainsi qu’avec la réorganisation des services de santé en Octobre 1968, naquit l’Institut de phytothérapie et de médecine traditionnelle (appellation non officielle) au sein de la Section Recherche et Contrôle de la Division Approvisionnement pharmaceutique de la Direction Nationale de la santé.

Avec l’Ordonnance N° 43/CMLN du 14 Août 1973 créant l’Institut National de Recherche sur la Pharmacopée et la Médecine Traditionnelles (INRPMT) et le Décret N° 147/PG-RM du 16 octobre 1973 portant organisation de cette structure, une nouvelle dimension était accordée à notre institution ayant comme mission :

 

  • l’étude et l’organisation du système traditionnel de santé
  • l’étude des produits médicinaux et des pratiques de la médecine traditionnelle
  • la production de médicaments à partir des recettes de la médecine traditionnelle

 

Elle devenait ainsi l’une des quatre Directions Nationales de la Santé Publique et des Affaires Sociales ; même si l’arrêté N° 1409/MSP-AS-CAB fixant les modalités de fonctionnement n’a été signé que le 29 mai 1975.

Devenu Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/Afrique) en 1981, l’INRPMT devint la même année, Division Médecine Traditionnelle (DMT) de l’Office Malien de Pharmacie(OMP) à la création de cet ensemble..

En 1986 cette Division est rattachée à l’Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP) et devient le Département Médecine Traditionnelle de cet Institut jusqu’à ce jour.

Le Centre Régional de médecine traditionnelle de Bandiagara a vu le jour la même année grâce à la coopération italienne.

La production des médicaments traditionnels améliorés (MTA) est effective depuis 1979 et six MTA en sept présentations sont aujourd’hui sur la liste nationale des médicaments essentiels et dans le formulaire thérapeutique :

 

  • Balembo sirop (antitussif pour adulte et enfant)
  • Dysenteral poudre (antiamibien)
  • Gastrosedal poudre (antiulcéreux gastrique)
  • Hepatisane (antidyspepsique = facilite la digestion)
  • Laxacassia tisane (laxatif)
  • Malarial tisane (antipaludique)

 

Par le Décret N° 94-282/PRM du 15 août 1994, le Gouvernement a fixé les conditions d’ouverture des cabinets privés de consultation et de soins traditionnels, d’herboristeries et d’unités de production des MTA.

Suite à une importante dynamique associative qui s’est développée entre les tradipraticiens de santé, la Fédération Malienne des Associations des thérapeutes traditionnels et herboristes( FEMATH) a été créée en mars 2002 avec ses démembrements en régions (FERATH) et cercles = préfectures (FELATH).

Le Gouvernement a adopté la politique nationale de médecine traditionnelle en octobre 2005 et le Ministère de la santé a pris la Décision N° 09-602 /MS-SG du 24 avril 2009 portant création, organisation et fonctionnement du comité interministériel de suivi de la mise en œuvre de cette politique.

La première grande activité de ce comité après l’élaboration et l’adoption de son règlement intérieur, a été l’organisation de la table ronde avec les partenaires au développement pour le financement de la politique de médecine traditionnelle le 29 mars 2010.

Avec cette table ronde, l’organisation chaque année depuis 2003 de la journée africaine de la médecine traditionnelle (instituée par l’OMS/Afrique), et de la semaine internationale de médecine traditionnelle africaine (SIMTA), le Mali aura suffisamment fait à l’heure du bilan de la décennie de la médecine traditionnelle africaine 2001-2010, proclamée par les Chefs d’Etats et de Gouvernements du continent.

 
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